Catastrophes

Catastrophes naturelles: vers des zones non assurables ?

D’après un article de Marie Dancer, paru dans La Croix du 3 février 2020, du fait de la multiplication des catastrophes naturelles, les assureurs pourraient décider de ne plus couvrir certaines zones géographiques. Cette perspective s’appuie sur une estimation de l’évolution du coût des dégâts dus aux catastrophes naturelles, à l’horizon 2050.

Ainsi, cette estimation prévoit que les indemnisations vont progresser de 23 % pour les sécheresses; 38 % pour les inondations; et 82 % pour les submersions marines et les dégâts liés à l’élévation du niveau marin.

Sur la voie de l'exclusion

Le problème est particulièrement crucial dans les territoires d’Outre-mer, régulièrement sujets à des événements climatiques extrêmes et très exposés, pour les îles, aux phénomènes de submersions marines. Si bien que, en fonction de leur situation, les compagnies commencent à refuser d’assurer certains biens.

Si en métropole, le problème est moins aigu, il y a là aussi une évolution vers une certaine sélectivité. Il devient désormais plus difficile et plus cher de s’assurer dans les zones à risques. Et cette tendance d’un tarif de cotisation plus élevé dans les zones à risques ne devrait pas manquer de s’accroître. 

 

Un enjeu crucial

En conclusion, s’il n’est pas réellement question de zones « non assurables » en métropole, l’évolution des tarifs vers des montants prohibitifs dans les zones à risques pourrait bien conduire à une certaine forme d’exclusion des assurés à faibles revenus. Nul doute que cette question de société va devenir un enjeu crucial dans les années à venir.

D’un point de vue politique, il faut s’attendre à ce que cette évolution soit accompagnée d’une révision de la législation sur l’assurance des catastrophes naturelles. Le Président Emmanuel Macron en a lancé le chantier lors de sa visite à Saint-Martin en septembre 2018, qui faisait suite au passage de l’ouragan Irma un an plus tôt. Pour l’heure, ce projet de révision législative n’est pas encore arrivé devant le Parlement.



Rédigé par Jean-Luc Chanteau